Je suis revenue au salon, il avait pris sa guitare et jouait un thème de blues singulièrement triste et dérangé. Ça n'arrivait jamais qu'il se mette à sourire sans me contaminer. Cette fois encore, la petite alchimie m'a déridée, insidieusement réchauffée.
Je me suis assise à côté de lui, sur le canapé du salon. Il était placé juste en face de la fenêtre, on avait vue sur rien parce que les volets étaient toujours fermés. J'ai senti ce truc se vider en moi, une petite joie qui revenait, un truc d'apaisement qu'il me faisait souvent. Je me suis enfoncée dans le canapé, j'ai laissé le thea refroidir sur la table basse et le temps passer doucement, tout seul.
J'étais assise tout contre lui, ma jambe touchait la sienne et c'était le seul garçon de qui je connaissait la chaleur, mais je le sentait trop bien, je la sentait tellement fort. Il marquait le rythme avec son pied, mouvement régulier, entêtant. Calme totale. Ambiance adéquate.
Il me restait deux heures avant d'aller travailler.
Corps à corps homologuai. En Substance. En Substance.
Pourquoi est-ce que tout ne se passe pas comme il faut? Pourquoi est-ce qu'il ne vient pas contre moi?
Finalement, il est venu contre moi. Je pouvais bien sentir ça, parce que je me souvenais bien de ce que ça faisait quand il me collait contre lui et me voulait vraiment.
Puis il m'a conduite vers la salle de bains, me prenant par la taille m'a mise devant l'évier. Se tenant derrière moi, il me regardait dans la glace. Il m'a prise par les hanches, embrassée dans le cou, gardant les yeux rivés aux miens dans le reflet du miroir. J'avais les mains crispées sur le bord du lavabo, je disais que je le voulais et il est venu dedans, gardé son pantalon, juste baissé sa braguette, mon fute à moi était baissé aux chevilles, m'empêchait de me mettre exactement comme je voulais, je bougeais mécaniquement, et ça l'a fait encore, démarré, et je le sentais qui me revenait, m'empoignait avec plus de force, et me cherchait, me trouvait, me faisait le truc, effaçait tout, et ses mains agrippaient mes cheveux et il venait plus loin. Ça n'a pas duré très longtemps, je l'ai senti se répandre dedans et il est resté collé contre moi, ses ongles enfonçaient dans mes hanches, comme s'il cherchait à me casser.
On n'a fait quelques pauses pour discuter, mais on est surtout restés tout l'après-midi dans cette salle de bains à le faire sur le carrelage, contre la baignoire, contre le mur, à buter l'un contre l'autre, à se chercher de partout et à le faire encore. Et on est restés des heures à grimper aux murs, à se cogner aux carrelages, à s'empoigner dans tous les sens. Et ça me faisait du bien, ça me couler dans le dos, et je lui mangeais les doigts, et je le sentais partout. Je ne voulais que lui, lui seul.
Je me suis assise aux bord de la baignoire, j'ai fait couler de l'eau pour prendre un bain, ça m'a pris du temps pour qu'elle soit chaude comme il fallait, j'étais sonnée, pas vraiment là. Je me sentais bien en même temps que complètement assommée.
Ps: Il a un regard animal. A l'envers des dieux, mais quand il est sur mon c½ur, je pense a crier mon bonheur.